Il y a des sujets que le cinéma français évite encore pudiquement. Le suicide assisté en fait partie. Pourtant, la réalisatrice Enya Baroux, 34 ans, aborde ce thème avec une audace tranquille dans son premier long métrage. « On ira » suit Marie, 80 ans, dans un road trip familial aussi hilarant qu’émouvant, rumbo à Zurich. Le film a raflé le prix d’interprétation féminine à l’Alpe d’Huez et touche désormais le grand public.

Réalisatrice : Enya Baroux · Année de sortie : 2025 · Genre : Comédie dramatique · Actrice principale : Hélène Vincent · Thème central : Suicide assisté

Aperçu rapide

1Faits confirmés
  • Comédie dramatique française de 97 minutes (Wikipédia)
  • Premier long métrage d’Enya Baroux, sortie le 12 mars 2025 (AlloCiné)
2Ce qui reste incertain
  • Rôle exact de Kad Merad dans le film final
  • Disponibilité streaming actuelle
3Signal chronologique
  • Festival de l’Alpe d’Huez : janvier 2025
  • Sortie nationale : 12 mars 2025
  • Diffusion Canal+ : 11 novembre 2025
4Et après
  • Carrière cinématographique d’Enya Baroux
  • Débat sur le suicide assisté en France

Les données suivantes synthétisent les informations essentielles du film.

Champ Détail
Titre On ira
Réalisatrice Enya Baroux
Sortie 12 mars 2025
Genre Comédie dramatique
Durée 97 minutes
Pays France

Est-ce que le film On ira est une histoire vraie ?

Le film s’inspire directement de la vie de la grand-mère d’Enya Baroux. La réalisatrice, qui signs là son premier long métrage, a puisé dans cette expérience familiale intime pour aborder un sujet de bioéthique particulièrement sensible en France. Marie, le personnage principal incarné par Hélène Vincent, partage plusieurs caractéristiques avec cette aïeule réelle : un âge avancé, une maladie grave incurable, et une volonté ferme de choisir les conditions de sa fin de vie. Le scénario a été co-écrit par Enya Baroux, Philippe Barrière et Martin Darondeau, qui ont su transformer ce drame personnel en une histoire universelle sur la dignité et la liberté de choisir.

L’authenticité du récit repose également sur la collaboration étroite entre la réalisatrice et ses interprètes principaux. Hélène Vincent et Pierre Lottin ont été associés très tôt au développement du scénario, apportant leur regard d’acteurs expérimentés sur ce matériau douloureux mais nécessaire. Le film s’inscrit dans les codes d’un film comme Little Miss Sunshine, entre drame et comédie, prouvant qu’il est possible de parler de la mort sans écraser le spectateur sous le poids du désespoir.

Inspiration personnelle d’Enya Baroux

Enya Baroux, 34 ans, est la fille d’Olivier Baroux, acteur bien connu du cinéma français, et la filleule de Kad Merad. Son parcours vers la réalisation témoigne d’une transmission artistique familiale : ayant elle-même joué comme actrice dans des films mettant en scène son parrain (Mais qui a re-tué Pamela Rose ?, Le Doudou, Just a Gigolo), elle a longtemps été connue comme interprète du Visiteur du futur avant de s’orienter vers la mise en scène. Cette proximité avec l’univers de Kad Merad a d’ailleurs joué un rôle dans la genèse du projet : le rôle de Bruno avait initialement été proposé à l’humoriste, qui a finalement cédé sa place à David Ayala, permettant ainsi à un jeune acteur de s’emparer d’un personnage attachant.

Ce que cela signifie

L’inspiration autobiographique d’Enya Baroux n’est pas un simple argument marketing : elle garantit une sincérité palpable à l’écran, où chaque scène respire l’authenticité d’un vécu traversé.

Quelles sont les critiques de la presse pour le film On ira ?

La réception critique du film s’avère remarquablement positive. Le Figaro qualifie « On ira » de « road-trip aussi hilarant qu’émouvant », soulignant la capacité du film à naviguer entre registre comique et émotionnel sans jamais tomber dans la facilité. Télérama va plus loin en saluant une œuvre qui « parvient à concilier le grave et le burlesque avec une grâce inouïe », louant ainsi l’équilibre délicat trouvé par la jeune réalisatrice. Cette reconnaissance de la presse spécialisée confirme que le pari artistique de Baroux — aborder le suicide assisté sansops ascèse ni moralisation — a pleinement réussi.

La critique populaire abonde dans le même sens. Le Parisien parle d’« une histoire de famille tordante et grave », tandis que Closer évoque un « trésor d’humour et de tendresse ». Franceinfo décrit le film comme « un petit bijou de comédie qui touche au cœur », et Ouest France salue simplement une « réussite ». Cette convergence des avis, des publications généralistes aux spécialisés, démontre que le film touche un large public au-delà des amateurs de drame intimiste.

Avis AlloCiné

AlloCiné, référence incontournable pour les spectateurs français, met en avant la capacité du film à traiter le sujet délicat du suicide assisté avec sensibilité. Les spectateurs saluent particulièrement la performance d’Hélène Vincent, qui porte le film avec une présence lumineuse et poignante, et l’interprétation de Pierre Lottin en auxiliaire de vie reluctant mais bienveillant. Le consensus autour de la note globale reflète une satisfaction tanto des critiques que du grand public.

Le paradoxe

Alors que le sujet du suicide assisté reste tabou dans le débat public français, c’est précisément cette thématique sulfureuse qui a permis au film de se démarquer et de générer un engouement critique inattendu.

Quel rôle a Kad Merad dans On ira ?

Contrairement à ce que pourrait suggérer le lien familial entre Kad Merad et la réalisatrice, l’humoriste et acteur français n’apparaît pas dans le film final. Son implication s’est limitée à la phase de développement : le rôle de Bruno, un père célibataire endetté en conflit avec sa fille adolescente, lui avait été proposé initialement. Après réflexion, Merad a cédé sa place à David Ayala, permettant à ce dernier d’endosser ce qui constitue son premier rôle d’« inoffensif paumé », selon la formule de Trois Couleurs.

David Ayala apporte au personnage une vulnérabilité attachante qui contraste avec la détermination tranquille de Marie. Son interprétation d’un homme dépassé par les événements mais sincèrement engagé aux côtés de la vieille dame constitue l’un des ressorts comiques les plus efficaces du film. Cette distribution inattendue illustre la démarche artistique d’Enya Baroux : privilégier l’authenticité du jeu sur le casting spectaculaire.

Autres acteurs comme Pierre Lottin et Hélène Vincent

Pierre Lottin incarne Rudy, l’auxiliaire de vie de Marie, enrôlé comme chauffeur et complice malgré lui dans ce voyage hacia la Suisse. L’acteur, révélé par des rôles plus sombres dans le cinéma français, trouve ici une légèreté nouvelle sans perdre sa densité habituelle. Son tandem avec Hélène Vincent constitue le cœur émotionnel du film : deux générations que tout oppose, unies par une road movie où l’humour surgit des situations les plus improbables.

Hélène Vincent, déjà présente dans des seconds rôles marquants au cinéma, livre ici une performance complète de face à l’adversité. Son jeu mesuré, alternant gravité et autodérision, ancre le film dans une réalité tangible. Juliette Gasquet complète la distribution principale, formant avec elle un duo mère-fille complexe et attachant. Les deux actresses ont d’ailleurs été récompensées conjointement par le prix d’interprétation féminine au Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez.

Le film parvient à concilier le grave et le burlesque avec une grâce inouïe.

Télérama

Où se passe le film On ira ?

L’intrigue de « On ira » se déroule principalement en France, dans la région natale de Marie, avant de conduire les personnages vers leur destination finale : Zurich, en Suisse. Ce choix géographique n’est pas anodin : la Suisse figure parmi les pays européens où le suicide assisté est légalement encadrée, contrairement à la France où cette pratique reste interdite. Le film utilise cette réalité juridique comme moteur narratif, transformant un choix intime en véritable odyssée familiale.

La préparation du voyage constitue une part importante du récit. Les scènes françaises montrent une famille confrontée à l’angoisseante perspective de accompagnés leur aïeule dans sa décision finale. Les paysages de route, capturés avec une tendresse qui évoque les grands espaces américains de Little Miss Sunshine, contrastent avec l’intimité claustrophobique des conversations de voiture. Cette dualité spatiale reflète parfaitement la tension entre le poids du deuil anticipé et la légèreté retrouvée du voyage partagé.

Tournage dans la région

Le tournage a été réalisé principalement dans des décors français, probablement en province afin de capturer l’authenticité d’une ville moyenne française. La production signée par Bonne Pioche et Carnaval Productions a su s’entourer d’une équipe technique capable de reproduire l’atmosphère particulière d’un road movie hexagonal, où le décor n’est jamais neutre mais chargé d’une vie propre. La musique de Dom La Nena renforce cette immersion, avec des mélodies fragiles qui accompagnent les personnages dans leur parcours.

L’enjeu

Le choix de filmer le voyage plutôt que la destination finale reflète une philosophie cinématographique : l’important n’est pas Zurich, mais ce que les personnages découvrent d’eux-mêmes pendant le trajet.

Comment finit le film On ira ?

La fin de « On ira » reste délibérément subtile, évitant le mélodrame pour préférer une conclusion ouverte qui respece l’intelligence du spectateur. Sans révéler les détails précis du dernier acte, on peut indiquer que le film propose une resolution qui honore à la fois le choix de Marie et l’évolution des personnages secondaires. Le road movie atteint son apogée émotionnelle dans les dernières scènes, où chaque membre de la famille doit affronter ses propres limites face à l’inévitable.

L’une des forces du film réside dans sa capacité à ne pas trancher moralement. Le spectateur n’est ni condamné ni absous : chaque personnage fait des choix imperfects mais sincères. Cette ambigüité volontaire, rare dans le cinéma français contemporain, contribue à la force mémorielle du film bien après sa vision. La fin laisse un espace de réflexion qui prolonge le visionnage bien au-delà de la salle obscure.

Éviter les spoilers majeurs

Pour ceux qui souhaitent découvrir le film sans connaître les développements précis, il suffit de savoir que le dernier acte ne déçoit pas : il confirme l’audace narrative d’Enya Baroux et son refus des chemins narratifs attendus. La route finale vers Zurich réserve des moments d’émotion pure, ponctuée de silences plus éloquents que de longs discours. Le film ose montrer ce que peu de productions osent représenter, tout en maintenant une pudeur respectueuse envers les personnages.

Une histoire de famille tordante et grave.

Le Parisien

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Sources supplémentaires

linternaute.com, troiscouleurs.fr

Questions fréquentes

Quelle est l’histoire du film On ira ?

Marie, 80 ans et thérapeut par un cancer de stade 4 incurable, décide de se rendre en Suisse pour bénéficier d’un suicide assisté. Elle entraîne avec elle sa petite-fille et un auxiliaire de vie réticent, dans un road movie familial qui alterne drame et comédie.

Qui sont les acteurs du film On ira ?

Les acteurs principaux sont Hélène Vincent (Marie), Pierre Lottin (Rudy), David Ayala (Bruno) et Juliette Gasquet. Le film est réalisé par Enya Baroux, également co-scénariste.

Le film On ira est-il sur Netflix ?

À ce jour, le film n’est pas disponible sur Netflix. Il a été diffusée sur Canal+ le 11 novembre 2025 à 21h11 et pourrait être proposé ultérieurement sur d’autres plateformes de streaming.

Où a été tourné le film On ira ?

Le tournage a été réalisé principalement en France, avec des scènes finales à Zurich en Suisse. La production était assurée par Bonne Pioche et Carnaval Productions.

Quelle est la note du film On ira sur AlloCiné ?

Le film bénéficie d’une note positive sur AlloCiné, reflétant l’accueil favorable tant de la critique que du public. La performance d’Hélène Vincent est particulièrement saluée.

On ira est-il adapté d’un livre ?

Non, le film n’est pas adapté d’un livre. Il est inspiré de la vie réelle de la grand-mère de la réalisatrice Enya Baroux et développé originairement pour le cinéma.

Quelle est la durée du film On ira ?

Le film dure exactement 97 minutes, soit environ 1 heure et 37 minutes.

Quelle est la bande-annonce du film On ira ?

La bande-annonce officielle du film est disponible sur les plateformes de vidéo et révèle la tonalité tragi-comique du road movie familial.

Quels sont les avis du public sur On ira ?

Le public a répondu présent à la sortie du film, saluant l’équilibre entre émotion et humour ainsi que la performance d’Hélène Vincent.

Le film On ira est-il disponible sur CANAL+ ?

Oui, le film a été diffusée sur Canal+ le 11 novembre 2025 à 21h11, après sa sortie en salles et avant une éventuelle disponibilité sur d’autres plateformes.

Points forts

  • Premier long métrage prometteur d’Enya Baroux
  • Thème courageux et tabskeur en France
  • Prix d’interprétation féminine mérité
  • Équilibre réussi entre drame et comédie

Points d’attention

  • Sujet potentiellement difficile pour certains spectateurs
  • Kad Merad absent du casting final
  • Fin ouverte non résolutive

Pour les spectateur français en quête d’un cinéma qui ose tackle les questions de fin de vie avec intelligence et cœur, « On ira » s’impose comme une évidence : une œuvre qui transforme un tabou en rencontre humaine.